Karine's profilePetite Louise, Eric et K...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
October 13 Et ce recrutement ????Quelques jours déjà (19 pour être précise) que je terminais un billet en en annonçant un autre qui dirait tout de nos séances de recrutement d’une helper… et puis… rien… Mais j’ai une bonne excuse… La plus belle excuse du monde : … Louise (Li Mei de son deuxième prénom), notre fille, née le 30 septembre au Queen Mary Hospital de Hong Kong… Le Queen Mary Hospital, c’est l’hôpital public de Hong Kong… parce que oui, nous avons fait le choix d’un accouchement dans le public, choix motivé par des raisons “médicales” (en cas de problèmes sérieux à la naissance, les enfants nés dans les cliniques privées sont automatiquement rapatriés dans l’hôpital public) et des raisons financières (l’accouchement, à Hong Kong, coûtant une somme dérisoire dans le public et quelques 10.000 euros dans le privé… la question n'est pas vraiment une question d'argent : le delta nous paraissait si absurde que le choix s’est imposé de lui-même)… Evidemment, accoucher dans le public à Hong Kong, cela veut dire, pour la maman, demeurer dans un dortoir d’une trentaine de lits, séparés par des rideaux, et manger du “congee” au petit déjeuner… mais tout cela, vous en conviendrez, est assez anecdotique face au miracle d’une naissance… Evidemment, aussi, il a fallu composer avec les différences culturelles : - attendre une dizaine d’heures avant la péridurale (heureusement, nous étions suivis par Pascale, une sage-femme française qui, bien que n’ayant pas le droit de participer à l’accouchement proprement dit, de pénétrer dans la salle de travail, nous a accompagnés tout au long de la nuit, nous permettant ainsi de demeurer à la maison un maximum de temps, ce qui est toujours plus sympathique que de souffrir dans un hall d’hôpital…) - souffrir une heure durant, plus que des contractions, de la pose de la péridurale… nous apprenons après coup que la pose de celle-ci est censée être indolore et durer une quinzaine de minutes… Ah ??? l’anesthésiste était-elle moins coutumière du fait que les anesthésistes français (les hongkongaises choisissent prioritairement la césarienne “de confort” et, minoritairement, l’accouchement “naturel”, sans anesthésie, en partie pour des questions de peur des risques, en partie aussi parce qu’il est de bon ton de souffrir pour donner la vie) ? - batailler pour refuser l’arrêt de la péridurale au moment de pousser, au prétexte que “si tu ne sens pas la douleur, tu ne pourras pas pousser et sortir ton enfant”… Dure bataille… J’explique au gynécologue que non, on ne va pas faire comme il dit… pendant que Eric fait barrage entre l’équipe médicale et la seringue électrique qui délivre le précieux anesthésiant… Moment surréaliste… - faire face à une sage-femme incrédule (c’est sûr : je ne le sortirai pas, ce bébé) qui, au moment où je dois délivrer la petite Louise, me rappelle que “si dans une heure le bébé n’est pas sorti, on le sort aux forceps”, s’installe en face de moi, croise les bras et me lance “alors vas-y”… Ils sont où, les encouragements ? Et les indications sur le moment où il faut pousser ou ne pas pousser ? Finalement, Eric se fait sage-femme, m’encourage… et on fait notre truc dans notre coin… En moins de quinze minutes, Louise est là… dans la panique générale : rien n’était prêt puisque tout le monde était persuadé qu’elle ne sortirait pas… - finir l’accouchement en larmes, en hurlant “Stop ! You’re too noisy for me !” (Stop… vous êtes trop bruyants pour moi !) pendant que trois médecins, deux sages-femmes et une femme de ménage (!) s’agitent autour de moi, parlant tous en même temps, très fort, commençant à nettoyer la salle (!)… et voir Eric prendre les choses en mains, intimant l’ordre de “parler chacun son tour”… et l’équipe médicale obtempérant… Dit comme ça, forcément, on se dit que l’expérience est rude… et elle l’est…mais elle est aussi ce qui nous a permis d’être si actifs durant la naissance de notre fille… Expérience exceptionnelle, inédite, qui a fait de nous une vraie famille, une vraie équipe soudée et victorieuse… Et puis, à la décharge de l’équipe médicale honkongaise que je passe un peu au grill… quelle serait l’expérience d’une chinoise accouchant à Paris ? Trouverait-elle un hôpital public qui accepte de l’accoucher en anglais ? Trouverait-elle, chez le personnel médical français, des gens capables, bien que persuadés qu’elle est dans l’erreur et qu’elle fonce droit dans le mur en imposant des choix dénués de sens, d’entendre ses désirs et de la laisser les expérimenter ? Pour cette capacité, que nous, Français, n’avons pas toujours, à entendre la différence culturelle sans vouloir à tout prix “corriger” et “rectifier” l’autre, gens du Queen Mary Hospital, nous vous tirons notre chapeau… Je ne sais pas si cet accouchement sera le “plus beau jour de ma vie”, parce que je ne sais pas ce qu’est le “plus beau jour” d’une vie mais, assurément, il est et demeurera le plus riche et fort en émotions… On reste sans voix… avec seulement des rires, des regards et des larmes pour dire tout ce qui se joue à l’intérieur… Pour finir, quelques photos encore… Louise à un jour de vie
Avec papa… c’est le bonheur… D’après papa, elle a quelque chose de sa mère quand elle dort, cette petite… Et, parce qu’il n’est plus possible de terminer en disant que notre nouvelle vie à nous n’est plus si nouvelle que ça, il faut revoir la formule finale des billets de ce blog… Pas de sondage cette fois-ci, j’impose arbitrairement mon choix et notre blog devient le blog de notre nouvelle vie à nous qui n’en finit pas d’être nouvelle… Comments (11)
TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://eric-et-karine.spaces.live.com/blog/cns!55AAB8384591B5F2!5185.trak Weblogs that reference this entry
|
|
|