Karine's profilePetite Louise, Eric et K...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    January 19

    Bornéo…

    A la veille du départ pour la France, je trouve enfin un petit moment pour parler de Bornéo…

    Par où commencer ?  C’était de belles vacances, tout à fait comme nous les avions souhaitées : à la fois dépaysantes et reposantes… Dépaysantes, parce qu’elles nous ont permis de faire et de voir des choses qui sortaient de l’ordinaire…

    Tout d’abord, et c’est une grande P1060148nouveauté : j’ai fait ma première balade en montagne ! Je vous l’accorde : faire sa première balade en montagne sur le mont Kinabalu, pour une Mauriennaise, c’est assez moyen… mais je l’ai fait et je suis assez fière de moi… J’ai marché dans la boue ! Reste que l’expérience a prouvé qu’il me faudrait encore un peu d’entraînement pour m’attaquer à l’Everest…

    Ensuite, on a profité de notre séjour à Bornéo pour voir tout un tas d’animaux absolument incroyables… des singes notamment.. beaucoup de singes, dont les fameux nasiques qui, sauf erreur de ma part, ne vivent que sur cette île… Je vous laisse apprécier la bête…

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    Admirez la technique pour passer d’un arbre à l’autre quand la distance est un peu élevée…

     
     
    saut sur Yahoo! Vidéo

    Beaucoup d’autres singes aussi :

    - des petits qui font les andouilles et s’approchent des bateaux avec beaucoup de curiosité…

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    - des petits bien agressifs qui montrent les dents dès que l’on approche…

    - et même un oran-outang en liberté…

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    De gros lézards aussi, qui se faufilent sous les huttes où l’on dort, des chauve-souris, des tas d’insectes surprenants et, clou du spectacle, un petit crocodile découvert par hasard sur les rives de la rivière sur laquelle nous naviguions…

     
     
    sur Yahoo! Vidéo
    N’est-ce pas incroyable ?

    Vacances reposantes aussi puisque nous avons profité  P1060790de la  piscine d’un hôtel pendant deux jours complets, passés à rêvasser, à somnoler (et aussi, pour moi, à apprendre des fiches de révision, pour Eric, à me faire réciter les-dites fiches)…

    Evidemment, toutes les (nombreuses) photos sont dans l’album “Bornéo”…

    Maintenant, il est temps pour Eric d’aller passer le nouvel an chinois aux Philippines et, pour moi, d’aller faire un tour du côté de mon pays…

    Quelques jours de silence, donc, pour le blog de notre nouvelle vie à nous qui n’est plus si nouvelle que ça…

     

    November 28

    Taipei, suite et fin

    En attendant nos copains Isabelle et Olivier, et leur petite Julie, qui doivent arriver d’ici une trentaine de minutes, ce tout petit billet pour clore le chapitre “compte-rendu du week-end à Taipei”…

    Nous avons déjà parlé de la tour 101, du mémorial P1050643 Tchang Kai Tchek et des passages piétons bien rigolos… Il nous reste à parler des temples de Taipei… Plein de photos, bien entendu, dans l’album “Taipei suite et fin”, et un tout petit commentaire : les temples bouddhistes de Taipei font partie des plus beaux qu’il nous ait été donné de voir… Toute l’harmonie bouddhiste laissée aux mains de la minutie chinoise…

    Dans la série des choses dont nous ne pouvons pas ne pas vous parler, il y a le “Tourist market”, le marché de nuit de la ville… Un vaste marché, très orienté textile, où nous avons réussi à ne rien acheter, préférant un massage aux achats compulsifs… Cela dit, même sans acheter, le marché vaut le détour pour ses stands de tir où l’on peut gagner des lots aussi exceptionnels que des cartouches de cigarettes (!) ou ses stands de pêche de têtards où les enfants entrent en compétition… Le clou du spectacle a tout de même été ce restaurant qui P1050672 proposait des spécialités à base de serpent… Certains d’entre vous le savent déjà : je n’ai rien contre l’idée de manger du serpent, au contraire, je suis plutôt tentée par l’expérience… mais là… attirer le badaud passait par une exhibition d’un énorme reptile que l’on excitait un peu en lui collant sous le nez (ça a un nez, un serpent ?) une boite remplie de… souris vivantes… Du coup, forcément, l’appétit n’est pas venu…

    Nous avons plutôt mangé au hasard des stands de rue… c’est comme cela que nous avons goûté un truc P1050679 inconnu de nous (qu’un gentil monsieur qui venait d’en acheter m’a proposé, voyant que j’avais l’air intriguée)… C’est une racine, à en juger par la coque, dont le goût est assez proche de la patate douce… Si quelqu’un a le nom, je suis preneuse… 

    Puisque j’en suis aux restaurants, il faut que je vous dise aussi : nous avons testé le fameux restaurant de P1050765 dim sum qui est régulièrement mis à l’honneur par les médias… Tellement mis à l’honneur, d’ailleurs, que la file d’attente se forme sur le trottoir et que, pour accélérer le mouvement, la carte nous est donnée avant même l’entrée dans la salle, histoire que nous puissions faire notre choix au plus vite… Finalement, la technique est au point puisque l’on attend très peu… Aurait-il fallu attendre davantage, d’ailleurs, que le jeu en aurait encore valu la chandelle : tout ce que nous avons mangé était absolument délicieux !

    Pour le reste, parce qu’il y aurait encore plein de choses à raconter, je vous renvoie à l’album photo : il est temps pour moi d’accueillir nos copains dans notre nouvelle vie à nous qui n’est plus si nouvelle que ça…

    November 24

    La marmotte la plus haute du monde...

    Une pensée particulière, aujourd'hui, pour Alexandre qui se demande toujours si Ubac a fait des photos du haut de LA tour de Taipei, la tour 101 ...

    Pour ceux qui ne connaissent pas, et parce que j'adore P1050555faire ma prof', la tour 101 est la plus haute tour du monde, et elle se trouve à Taipei... 101 étages pour une hauteur totale de 508 mètres... On profite de ce billet pour faire les malins en disant que nous sommes montés en haut de la plus haute tour du monde, mais notre gloire sera de courte durée : Dubai achève en ce moment une tour qui devrait culminer à 800 mètres...

    Paradoxalement, à son approche, nous n'avons pas eu P1050559le sentiment d'être en face d'une tour si haute... Comme il n'y a aucun gratte-ciel à ses côtés, la tour 101 est finalement assez peu impressionnante... Beaucoup moins impressionnante que l'IFC  de Hong Kong qui est pourtant de 50 mètres inférieurs...  Cela dit, cela ne P1050564nous a pas empêché de faire la queue pour nous rendre au sommet (ou presque... on n'accède pas au sommet, en réalité, puisque le sommet est une antenne...). Ubac était bien contente à l'idée de devenir la marmotte urbaine la plus haute du monde (parce que oui, ses copines demeurées en Savoie sont bien plus hautes en altitude absolue)... et Ubac n'a pas été déçue : la vue, du haut de la tour, est tout à fait fascinante...

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    (re - clin d'oeil à Alexandre : ne sont-ils pas beaux, mes montages ?)

    Mais le plus fascinant, ce n'était pas la vue... le plus fascinant, c'était ça :

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    ... et "ça", c'est une boule de stabilisation... en d'autres termes, c'est le P1050610mécanisme qui permet à la tour de résister aux typhons et aux tremblements de terre... Il s'agit en fait d'une boule d'acier de plus de 600 tonnes positionnée au centre de l'édifice (aux 87 et 88ème étages). Comme elle est suspendue, elle est dotée d'une certaine amplitude qui lui permet d'absorber une partie des mouvements du bâtiment... Non seulement c'était impressionnant, mais encore était-ce bien joli...

    Toutes les photos prises de la tour 101 dans l'album "Taipei jour 2", qui sera complété demain par la suite de ce week-end passé de notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    November 23

    Premières images de Tapei...

    Vous l'avez compris au billet précédent, la première nuit à Taipei s'est finalement bien passée...

    Et le lendemain, dès que nous P1050479avons mis les pieds à l'extérieur de l'hôtel, nous sommes tombés sous le charme d'un petit marché qui, comme tous les marchés d'Asie que nous avons eu l'occasion d'approcher, est aussi haut en couleurs, qu'en odeurs et en bruit... Histoire de vous faire partager tout ça, quelques minutes filmées qui donnent une (petite) idée de l'atmosphère très particulière que l'on trouve à sinuer entre les étals :

      

    Première visite de notre court P1050512séjour, le mémorial Tchang Kai Tchek. Pour ceux qui ne savent pas, Tchang Kai Tchek, est un politicien chinois qui, dans les années 50, quitta la Chine pour fonder Taiwan. Pour faire simple, Tchang Kai Tchek était le leader du parti nationaliste chinois, le Guomindang, qui rentra en lutte ouverte avec le parti communiste de Mao Tse Toung et fut renversé (selon nos renseignements, parce que son parti était suffisamment corrompu pour être renversé facilement). D'où sa retraite à Taiwan, alors nommée Formose, d'où il a continué à proclamer qu'il son parti seul gouvernement légitime de la Chine. Du coup, Taiwan, P1050516pour les Taiwanais, c'est un état... et, pour les Chinois,  Taiwan est une province de Chine sur laquelle la République populaire de Chine n'exerce pas sa souveraineté...

    Le monsieur n'a rien d'un enfant de coeur, mais il est impressionnant... il n'y a qu'à voir comme Eric pose fièrement aux côtés de sa statue...

    Toutes les photos dans l'album "Tapei, jour 1"...

    Dans le prochain billet, je vous parle, c'est promis, de la rencontre de la tour 101 et de notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    November 20

    Dans notre nouvelle vie, certaines choses ne changent pas...

    Nous, par exemple... nous ne changeons sous prétexte que nous vivons une nouvelle vie à nous... Le plus bel exemple en a été donné par notre week-end à Taipei... Evidemment, nous avons pris des photos et nous vous raconterons tout ça tout en détails, mais pour l'heure, laissez moi me concentrer sur l'essentiel : vous prouver que nous n'avons pas changé...

    Nous sommes partis pour Taipei vendredi soir... Eric voyageant pour le boulot (il avait une réunion lundi) et moi pour le plaisir, nous ne disposions pas du même budget, ce qui s'est traduit par le fait que nous avons pris deux compagnies aériennes différentes... Nous avions pourtant de la chance : mon avion décollait à 20h10 et celui de Monsieur à 20h15... Du coup, nous allions arriver pratiquement en même temps à Taipei, ce qui éviterait à l'un de nous d'attendre longuement dans un aéroport inconnu... croyions-nous...

    Evidemment, je n'avais pas pris mon téléphone... Ceux qui me connaissent un peu savent que je suis assez difficilement joignable : j'oublie mon portable, j'oublie de le recharger, j'oublie de rétablir la sonnerie... Cela dit, il n'y avait pas d'inquiétude à avoir : nous partions tous deux de Hong Kong pour aller à Taipei et nous arrivions à quelques minutes d'intervalle... pas bien grave, donc, cet oubli de téléphone...

    Sauf que... sauf qu'arrivée à Tapei, je me suis rendue immédiatement vers le stand de taxis, lieu convenu de rendez-vous, pour constater qu'Eric n'était pas là. Et qu'il n'arrivait pas... Au bout d'une heure, un peu inquiète, je suis allée vérifier que son vol était bien arrivé : il l'était... Ben... il était où, Eric ?

    Renseignement pris, il n'y a qu'une sortie possible à l'aéroport... Il faut donc prendre mon mal en patience... Je trouve refuge sur une banquette en plastique, sors un bouquin de mon sac et poursuis mon attente... deux heures durant !

    Evidemment, je passe par toutes les hypothèses possibles :

    - Eric s'est trompé sur l'heure de son vol,

    - Eric a raté son avion,

    - Le passeport d'Eric est périmé et il n'a pas pu quitter Hong Kong,

    - Eric est arrivé avant moi et, n'ayant pas ma légendaire patience, il s'est rendu à l'hôtel sans moi...

    A 23h45, j'opte définitivement pour la dernière hypothèse, parviens par miracle à retirer de l'argent local (pour parfaire le tableau : ma carte bleue française a expiré et j'ai égaré ma carte bleue hongkongaise... je n'ai donc sur moi que la carte de retrait de notre compte commun chez HSBC, carte qui est assez régulièrement refusée par les distributeurs étrangers), et me rends à l'hôtel.

    Quel dommage de ne pas avoir osé prendre en photo le visage de la charmante réceptionniste quand je lui ai annoncé que je n'allais pas lui payer les chambres parce que je n'avais pas de carte bleue mais, qu'elle se rassure, mon ami, que j'avais perdu mais que j'espérais bien retrouver avant la fin de mon séjour, s'en chargerait dès son arrivée...

    Grande chance : l'hôtel dispose de points d'accès gratuits à Internet... J'envoie en catastrophe un mail à notre copine Juliette, en lui demandant, dès qu'elle aura ce message, de téléphoner à Eric (qui n'a pas oublié son téléphone, lui) et de lui demander ce contacter l'hôtel dans lequel nous avions convenu de descendre, histoire de me tenir au courant et de me dire s'il fallait que je prévois d'organiser sans lui les deux journées à venir...

    Une fois dans la P1050476chambre, je prends une douche et m'apprête à passer la nuit avec Ubac (qui est bien contente parce qu'elle n'a pas le droit de dormir dans le lit en temps normal) quand... Eric arrive... Il est 1h10...

    De son côté, Eric avait attendu, attendu, attendu (je ne me moquerai plus de son manque de patience)... dans le terminal 2... Ah ? Il avait deux terminaux, l'aéroport de Taipei ?

    Je ne vous ai pas menti, hein ? Elle ne nous a pas trop changés, notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    November 13

    Pékin, jour 4

    Pour notre quatrième jour passé à Pékin, nous nous P1050110sommes rendus au Palais d'été, site qui fait partie du Patrimoine mondial de l'Unesco. Encore une fois, nous avons fait face à un ensemble gigantesque de parcs, points d'eau et constructions : 290 hectares et près de 3000 édifices. Evidemment, on y trouve des stands de restauration et de souvenirs en tous genres (avec une spécialité : la location de costumes impériaux pour des photos très "couleur locale"... la petite fille ci-contre n'a pas résisté...), mais ce qui reste de cette visite, c'est surtout une impression de grande sérénité. Si la quiétude existe sur terre, c'est sans doute ici qu'il faut la chercher... Je vous laisse savourer...

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    ... quel dommage de ne pouvoir vous faire partager le fond musical qui a accompagné nos pas : là où des groupes de musiciens ne s'exerçaient pas à la scie musicale, ils étaient relayés par des haut-parleurs diffusant, une fois n'est pas coutume, une très discrète musique bien agréable à écouter...

    Rupture complète d'ambiance en fin de journée avec un petit tour par le site P1050221 olympique... Il n'était tout de même pas question de quitter Pékin sans avoir vu "en vrai" le Nid d'oiseau et le Cube... et nous n'avons pas été déçus : non seulement nous avons pu le voir, et apprécier l'architecture, mais encore nous avons pu, moyennant finances bien entendu, le visiter... et voilà comment Eric se P1050203retrouve, par une belle soirée d'octobre, devant la flamme olympique... Et voilà comment Ubac devient la première marmotte à poser ses fesses sur l'impressionnante structure d'acier...  Evidemment, plein de nouvelles photos dans l'album "Pékin, jours 4 et  5"...

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    Le lendemain, notre dernier jour sur place, nous avons été faire un tour du côté du Mausolée de Mao... Que dire du Mausolée du président Mao ? Evidemment, si l'on s'en tient à parler de la visite, qui se fait au pas de P1050287 course dès que l'on pénètre la salle où Mao repose dans son cercueil de verre (les mauvaises langues y voient une explication : empêcher les visiteurs de constater l'état de dégradation du corps... les très mauvaises langues y voient une autre explication : empêcher les visiteurs de constater que le corps a été remplacé par un mannequin de cire... les "bonnes" langues y voient une obligation pour garantir la sécurité), il n'y a pas grand-chose à en dire : charge émotionnelle absente... Si l'on considère la foule qui se presse et les conditions dans lesquelles elle est "drainée", il y a un peu plus à dire : deux lignes droites tracées au sol et une foule qui ne doit en aucun cas "déborder" de ces traces... On avance, deux par deux, interdiction de sortir du range, interdiction de s'arrêter, fut-ce pour lasser sa chaussure, des gardes armés de mégaphones veillant au grain... Evidemment, ça évoque de tristes choses... Si l'on ajoute à ça la présence de très nombreux militaires dans les parages...

    Cela dit, ce qui est le plus touchant, dans la visite du  mausolée, c'est le contraste entre une ville qui, à P1050320quelques pas de là, croule sous les gratte-ciel et affiche son modernisme de manière presque ostentatoire et la foule des petites gens, des gens humbles, parfois très âgés, qui se pressent par millier pour rendre hommage  à Mao, acceptant pour cela de faire des heures de queue (ami touriste, ne P1050322prends pas peur : il y aura toujours un gardien peu consciencieux qui te proposera de couper toute la file contre un peu d'argent qu'il partagera avec ses petits camarades !)... Elle était là, l'émotion, dans ces gens qui venaient fleurir le mausolée et approcher une figure qui demeure emblématique, et c'est avec elle que s'est conclue notre quatrième journée de vacances...

    Le cinquième jour, il faut l'avouer, nous avons été un P1050325peu moins actifs : les visites et les marches s'enchaînant, les réveils étaient de moins en moins matutinaux (qui se souviendra de ce mot avec lequel  Philippe Meyer qualifiait ses auditeurs ?). Nous avons tout de même visité le Temple du Ciel, un autre temple fait de jolis parcs et de constructions harmonieuses. Toutes les photos sont dans l'album consacré et je passe un peu vite sur la journée pour me consacrer sur la soirée où nous avons décidé de manger... tibétain...

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    Le Routard en disait beaucoup de bien : nous sommes allés dans un restaurant du nom de Makye Ame... et nous n'avons pas regretté... Non seulement ce que nous avons mangé était délicieux mais en plus le repas était animé de chants et de danses de grande qualité... Je vous laisse d'ailleurs en juger :

       

    Evidemment, la vidéo ne donne qu'une faible idée de l'ambiance surchauffée dans laquelle s'est terminée la soirée, quand les danseurs et chanteurs ont formé une  sorte de ronde au milieu des tables en invitant les clients à se joindre à leur danse... On aurait bien voulu, mais on attendait tous (bon d'accord, moi surtout...) que la serveuse nous apporte LE plat par lequel je voulais absolument terminer le P1050361repas : un bol de thé au beurre de yack... Impossible de savoir pourquoi : je rêve, depuis des années, de goûter au thé au beurre de yack... C'était l'occasion ou jamais... Le thé est arrivé... et, j'espère ne choquer personne en affirmant, de façon sans doute un peu péremptoire mais j'assume, que c'est... infect... Gras et pas bon...

    Pas de regret donc si on en trouve si peu en France...

    Voilà pour notre séjour à Pékin, résumé avec pas mal de temps de retard... il ne nous reste plus maintenant qu'à effacer la carte mémoire de l'appareil photo, histoire de pouvoir rapporter pleins de clichés de Taipei, la nouvelle ville que va découvrir, dès demain soir, notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    November 10

    Pékin, jour 2

    Pour notre première journée de tourisme à Pékin, direction les immanquables, ces lieux qui sont si bien inscrits dans la mythologie collective comme dans notre mythologie personnelle, que l'on a l'impression de les re-voir quand on les approche pour la première fois...

    Au programme, la place Tien An Men, la place de la Paix Céleste, nom dont l'Histoire, des rassemblements des P1040863gardes rouges durant la Révolution culturelle au sanglant "printemps de Pékin" de 1989, se chargera de souligner l'ironie... Pour cette matinée-là, nous n'en verrons pas plus : la place est interdite au public parce qu'elle est le théâtre d'une manifestation sportive... Les gardes armés pullulent à ses abords, veillant étroitement à ce P1040865 que personne ne déborde des barrières de sécurité dressées pour l'occasion... C'est intéressant, cette impossibilité toute contextuelle dans laquelle nous nous trouvons d'approcher cette place autour de laquelle se cristallisent nos représentations mentales à la fois de l'expression de la liberté et de l'horreur de la P1040861répression... Encore quelque chose autour de l'ironie du  sort ? En tout cas, c'est si intéressant, d'un point de vue émotionnel, que nous restons là quelques minutes, plantés de l'autre côté de l'avenue, avec tous les badauds qui se font photographier. Nous restons là le temps de constater une autre ironie du sort :

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    ... la présence d'un panneau interdisant tout arrêt et tout stationnement à l'endroit précis où a été prise, en 1989, cette photo qui a fait le tour du monde :

    tsquare

    à l'endroit précis où un étudiant seul faisait stopper une file de chars...

    Deuxième étape de notre journée, tout à côté de la place Tien An Men, la Cité Interdite... Pour faire court, P1040872la Cité Interdite (qui doit son nom au fait qu'étant la résidence des empereurs, il était interdit au commun des mortels d'y pénétrer jusqu'à son ouverture au public au début du XXème siècle) c'est LE palais impérial de Pékin (et peut-être même LE palais impérial de la Chine...) : P1040924 720.000 m2 de superficie, plus de 8.000 salles (les chiffres ne s'accordent pas toujours), 50 ha de jardins... Evidemment, nous ne parvenons pas à tout voir... Pour quelqu'un qui, comme moi, a dévoré tout Pearl Buck à l'adolescence, la visite a quelque chose d'un retour aux P1040953sources... Fresques murales, plaques de marbre sculptées, architecture raffinée, ensemble grandiose, tout évoque la magnificence passée de l'Empire chinois... Pourtant, je peux comprendre le commentaire fait par Bart à notre précédent billet (voir ici)... On a le sentiment, en se promenant dans la Cité Interdite, qu'il y manque quelque chose, que l'émotion a déserté... Sans doute parce qu'elle a été vidée de tous ses trésors par Tchang Kaï-chek au moment de sa retraite à Taiwan... Cela n'a pas empêché Ubac de s'y faire des amis tous plus effrayants les uns que les autres...         

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    Plus de photos, bien sûr, dans l'album "Pékin, jour 2", notamment des jardins impériaux, tout à fait magnifiques...

    Après avoir arpenté la Cité Interdite durant de longues heures, direction la Colline de Charbon, une colline artificielle d'une centaine de mètres de haut située qui était l'espace de promenade réservé des Empereurs... Après l'aridité des sols de pierres, c'est un vrai régal que de trouver un peu de fraîcheur à l'ombre des arbres... et, au sommet, une vue imprenable sur la Cité Interdite...

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    Au-dessus des bâtiments, le nuage de pollution qui ne nous quitte pas durant tout notre séjour...  Assez paradoxalement, nous ne nous en plaignons pas : bien sûr, il donne une idée aussi précise qu'effrayante de ce que respirent les pékinois au quotidien, mais il donne aussi aux paysages une dimension irréelle, presque onirique, qui participe de leur beauté...

    collinecharbon

    Après avoir repris quelques forces sur la Colline de charbon (les parcs sont siP1040982 immenses qu'ils semblent dépeuplés, malgré le nombre élevé de visiteurs), nous prenons la direction des lacs Qianhai, Houhai et Xihai, trois petits lacs situés les uns à la suite des autres au coeur de la ville... Voilà encore une représentation que nous n'avions pas  au sujet de cette ville : c'est beau, c'est paisible et c'est gai... On croise, au gré P1040977des chemins empruntés, des groupes de musiciens et de chanteurs, des groupes de joueurs assis autour de tables de pierre, des peintres qui proposent aux touristes de réaliser leurs portraits (les attirant, et c'est la première fois que nous voyons ça, en esquissant très rapidement leurs silhouettes, à l'eau et à même le sol, pour preuve de leurs compétences artistiques) des amoureux et des familles pique-niquant à bord de barques glissant lentement sur les eaux...

    P1040998  

    C'est beau, c'est paisible et c'est gai...

    Une première journée bien remplie que nous achevons dans le quartier de Liulichang auquel le Routard, dans sa grande ingratitude, ne consacre que quelques lignes pour signaler qu'on y trouve des "antiquités, de la belle brocante"... C'est vrai, mais Liulichang est aussi l'ancienne rue des fabricants de tuiles vernissées et c'est un endroit charmant à l'écart des voitures et de l'agitation des grandes avenues... C'est là que nous allons tester nos talents de négociateurs pour la première fois depuis notre arrivée en Chine (si l'on excepte la mini-négociation autour du prix des petit-déjeuners)... et découvrir que les discussions sont ici toutes en sourires pleins de dents et en éclats de rire, avec des gens charmants qui s'amusent de notre envie de répéter les mots de mandarin que nous parvenons parfois à comprendre... On sort de là plein d'énergie nouvelle, attachés à ces gens qui semblent aussi sympathiques que soucieux de répondre favorablement à notre envie de connaissance d'eux (Ubac aura d'ailleurs un grand succès, des gens la saisissant fréquemment, alors que je me promène avec elle en main, pour pouvoir l'observer de plus près)... On sort de là tout ragaillardis, avec dans la poitrine quelque chose comme une grosse boule d'amour à partager...

    Et, la preuve indéniable de nos talents de négociateurs :

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    ... un dragon de "bronze" jouant avec sa perle de feu...

    Vous remarquerez que le dragon chinois a cinq doigts à chaque pattes, contrairement aux dragons japonais ou indonésiens... c'est, d'après les chinois, parce qu'il est leur ancêtre et que, au fil du temps, il a perdu ses orteils... Ca explique d'ailleurs bien pourquoi les dragons n'ont existé qu'en Asie (contrairement à ce que racontent de mensongers contes européens !) : s'ils avaient voyagé trop loin, les dragons auraient perdu tous leurs orteils... Pas bête, la bête ! (Il paraît que les mythes japonais, tout aussi mensongers que les mythes européens, inversent la fable, prétendant que le dragon le plus ancien était japonais, ne possèdait que trois orteils, et que le fait de voyager lui a fait pousser de nouveaux doigts ce qui, vous en conviendrez, est assez extravagant...)

    En tout cas, nous, on est bien content : non seulement on a plein de souvenirs de Pékin, mais en plus on a rapporté un nouvel ami dans notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    November 08

    Traduction pékinoise...

    Vu dans l'enceinte de la Cité Interdite (qui fera l'objet d'un prochain billet), ce panneau :

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    La fin du premier paragraphe donne une bonne idée de la fidélité des traductions "mandarin - anglais"...

    Il faut parfois aimer l'approximation pour aimer notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    November 06

    Pékin... 1ère journée...

     A notre arrivée à Pékin, tout un réseau de signes a fait sens pour annoncer un séjour féérique...

    Tout d'abord, l'hôtel que j'avais réservé, et dont tout le monde se moquait, persuadé que nous allions devoir P1040822faire demi-tour immédiatement ou nous résoudre à dormir sur des matelas infestés de cafards s'est révélé tout à fait correct... Plus que correct, d'ailleurs : déco sympa, petit-déjeuners copieux et bons (même si peu variés au fil des jours), chambres propres et confortables et, surtout, P1040819situation idéale à quelques pas de la place Tien An Men... Le Jade International Youth Hostel a beau être une auberge de jeunesse, il n'a rien à envier à bien des établissements qui se réclament de l'hotellerie traditionnelle... Une info pour ceux qui compteraient y séjourner : le prix des petit-déjeuner se marchande... sans doute que celui des chambres aussi...

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    Deuxième signe : quand j'ai demandé à la dame de l'accueil si l'hôtel vendait des cigarettes (je vous épargne toute réflexion ironique sur mes velléités de devenir un jour non-fumeuse) et que j'ai été bien dépitée par sa réponse négative, je l'ai vue filer en coulisses et revenir avec un paquet de cigarettes qu'elle m'a... offert ! Si l'on a tout bien compris, l'hôtel venait d'organiser une réception de mariage et il restait des cigarettes (est-ce à dire que c'est un cadeau que l'on offre ? que les cigarettes sont, au même titre que le vin ou l'apéritif chez nous, proposées avec le repas ?)...

    Mais l'anecdote ne s'arrête pas là... Ces cigarettes, ce n'était pas n'importe quelles cigarettes... c'était CES cigarettes :

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    ... des Double Happiness (Double bonheur !!!)... Si ça, ce n'est pas un signe.... (pour les curieux, les Double Happiness, c'est un peu comme les cigarettes au paquet rouge que l'on trouve un peu partout, sauf qu'il y a, en condensé dans une Double Happiness, tout ce que l'on trouve dans le paquet complet de cigarettes-au-paquet-rouge... pour le dire autrement : la toux qui m'a saisie à la première bouffée m'a rappelé les premières cigarettes fumées en cachette des parents...).

    Enfin, dernier signe de la soirée, parce que nous adorons littéralement ça, P1040828nous avons découvert, lors d'une petite promenade apéritive, que l'hôtel se trouvait à proximité d'un marché alimentaire de nuit... Des dizaines de stands alignés avec toute la nourriture dont on peut rêver (et même, aussi, celle dont ne veut pas rêver du tout)... Des cuisiniers/vendeurs interpelant le badaud... des odeurs d'épices à faire se damner un saint... d'autres odeurs, celle du "stinking tofu" en particulier (le tofu qui pue, littéralement), bien moins sympathiques... et une foule qui se presse, grignotant, goûtant, marchandant... Le bruit et l'odeur, comme dirait l'autre... mais nous, on aime !

    Une vraie plongée immédiate dans l'âme de la ville...

    Honte à moi : j'ai raté lamentablement la photo du stands d'insectes et celle du stand d'huitres chaudes... Mais j'ai réussi à prendre le stand de dim sum géants, servis avec une paille pour ne rien perdre de la soupe qu'ils contiennent...

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    ... le stand des fruits caramélisés qui faisaient bien envie à nos estomacs affamés...

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    ... et le stand, plus original, du marchand d'étoiles de mer...

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    ... tout cela n'est-il pas appétissant ?

    Face à tant de signes du destin, c'était joué d'avance : le séjour à Pékin s'annonçait dans la lignée des voyages qui laissent de beaux souvenirs pour la suite de notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    November 03

    Pékin... représentations et réalité...

    Nous y voilà... Pékin...

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    Pékin, dans l'imaginaire collectif, et donc dans le nôtre, c'est ça :

    - La place Tien An Men, avec ses gardes armés qui semblent avoir toujours eu leur place réservée, et, c'est un phénomène plus récent, ses touristes qui veulent tous LA photo devant le monument...

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    Vous apprécierez, comme un clin d'oeil ironique de l'Histoire, le panneau interdisant l'arrêt et le stationnement des véhicules sur la tristement célèbre avenue...

    - La Cité Interdite, à deux pas de la place, comme un souvenir persistant de l'époque impériale sur lequel s'affiche un portrait gigantesque de Mao...

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    - La Grande Muraille, bien sûr... et tant pis si elle ne se voit pas vraiment depuis l'espace...

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    - Un art de la peinture et de la sculpture, des encres, du bronze, de la porcelaine et du marbre, tout en finesse et en couleurs vives...  

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    - De pauvre bougres, vivant ou survivant d'activités bien pittoresques, vivant ou survivant ...  

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    Ici, des ramasseurs de kakis... Le premier, dans l'arbre, armé d'une fourche géante, se saisit des branches porteuses de fruits, les secoue, et le second ramasse et nettoie les kakis tombés au sol.

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    Ici, un moyen bien original de faire sécher son linge : en l'accrochant à une ligne électrique... Tout l'art consiste ensuite à savoir récupérer sa couverture sans toucher la ligne avec la barre métallique prévue à cet effet (que vous pouvez voir sur la photo)...

    - Des ruelles grises et basses, où s'entassent les échoppes de tout et de n'importe quoi, décorées de fanions multicolores...

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    - Des vélos... parfois un peu revus et corrigés selon les besoins de chacun...

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    - Une maîtrise parfaite de l'art du jardin : des espaces dans lesquels végétation, minéraux, points d'eau et constructions se mêlent en toute harmonie... On pourrait presque imaginer les promenades journalières des petites impératrices d'antan, copiées aujourd'hui par de dignes descendantes qui se griment pour leur ressembler, le temps d'une photo...

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    - Des infrastructures plus modernes, construites à l'occasion des Jeux Olympiques... Le "Nid d'oiseau" et le "Cube"...

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    ... Pour tout ça, Pékin s'est montré bien fidèle à ce que l'on attendait... Mais Pékin n'est pas seulement fidèle à nos représentations mentales... Pékin est aussi une ville bien surprenante...

    Pékin, c'est aussi ça :

    - De grandes avenues, bien larges et bien propres, où l'on retrouve toutes les grandes enseignes des Champs Elysées (pour les Français de France) ou de Pacific Place (pour les Français d'ici) :

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    - Des constructions futuristes, aux jolies formes et couleurs, qui n'ont rien à envier aux gratte-ciel gigantesques de Hong Kong :

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    - Des réhabilitations de quartiers complets, dans le style préservé des habitations traditionnelles :

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    - Des marches... beaucoup de marches...

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    Danielle et André savent de quoi je parle... le mystère sera levé, pour les autres, dans les jours à venir...

    Pékin c'est enfin, et c'est là notre grande révélation, des gens d'une gentillesse incroyable, qui font des grands sourires plein de dents, qui rient quand vous essayez de parler quelques mots de mandarin, qui s'évertuent à vous dire que vous êtes très doués pour les langues alors qu'ils n'ont pas compris un traître mot de ce que vous avez dit, qui répètent indéfiniment le même son parce que vous aimeriez tellement le prononcer correctement, qui se montrent curieux de vous (Ubac, qui nous a évidemment accompagnés dans ce périple, a eu un succès incroyable : les gens la regardaient, la touchaient, la photographiaient... une vraie petite star !), qui ont une vraie envie de partager ce qu'ils sont avec vous...

    La grande surprise de Pékin, ce sont les Pékinois...

    Leurs sourires et leur joie de vivre, leurs chants, musiques et danses dans les parcs :

      

    Ici, une danse accessoirisée, dans les jardins d'un temple...

     

      

    Ici, sur les pentes de la colline de charbon, un attroupement se forme autour d'une chanteuse... et des femmes du public entrent dans la danse...

    Quand on connaît la différence de niveau de vie entre Hongkong et Pékin... quand on connaît les Hongkongais, dont la plus grande qualité n'est ni le sourire ni l'intérêt porté à l'étranger (euh... n'est-ce pas aussi un peu valable pour les Français ?)... on ne peut pas s'empêcher de s'interroger sur la relation entre richesse et tristesse, entre pauvreté (toute relative dans le cas de Pékin, mais toute absolue dans le cas des Indiens) et joie de vivre... Perd-on son sourire quand on gagne de l'argent ? Perd-on son sourire quand la peur de perdre ce que l'on a acquis survient ?

    Pas de réponse, juste des constats et des interrogations...

    Dans les prochains jours, en fonction du temps dont je disposerai, la suite, au jour le jour, des aventures pékinoises de notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    October 24

    De retour de Pékin...

    ... enchantés par la ville, toute en contraste, et ses habitants, tout en sourires qui font chaud au coeur...

    Promis, je mets le blog à jour demain ou lundi... au programme : plein de photos et le compte-rendu détaillé des quatre jours de vacances passés dans cette ville qui vient de croiser la route de notre nouvelle vie à nous qui n'est plus si nouvelle que ça...

    April 21

    Bangkok, le retour...

    Bangkok est encore plus agréable que dans mes souvenirs... P1030118Evidemment, la ville n'a pas la beauté de Hong Kong, mais il y   règne une espèce de douceur de vivre qui la rend vraiment exceptionnelle... Le sourire des Thaïlandais n'est évidemment pas étranger à cette sensation de bien être...

    Je vous raconte ?

    Pour commencer par le commencement, il faut que je vous dise, pour ceux qui ne le savent pas encore, que j'ai voyagé avec Kenya Airline... Si j'étais assez fière de moi au moment de payer mon billet (l'aller-retour le moins cher du monde ou presque !), j'étais un peu moins fière à l'idée de ce que pourrait être l'avion qui allait m'acheminer... C'étaient de bien vaines craintes puisque l'avion et le service étaient très bien. A l'aller en tout cas, puisqu'au retour, l'avion étant retardé de huit heures, j'ai été transférée sur un avion de Thaï airways, une compagnie plus P1030078 connue... Cela dit, voyager avec Kenya Airline comportait tout de même une petite surprise : environ 300 africains dans l'aéroport de Hong Kong (les qui-sont-d'ici savent que les africains ne sont pas courants sur le sol hongkongais), chacun chargé d'une centaine de kilos de bagages (l'avion ne faisait qu'une halte à Bangkok et avait Naïrobi pour destination finale), et tout ce petit monde s'invectivant gaiement dans les files d'attente, celui chargé de six valises trouvant tout à fait injuste de devoir attendre derrière quelqu'un qui devait en enregistrer douze... le tout sous l'oeil vaguement inquiet des employés chinois, peu accoutumés à ces éclats de voix... J'avoue qu'en dépit de ma solidarité avec le peuple chinois, qui m'accueille depuis de longs mois maintenant, j'ai beaucoup aimé cette ambiance haute en couleurs...

    Arrivée à Bangkok, direction Khao San road... Pour ceux qui ne P1030080 connaissent pas, Khao San road, c'est LA rue routarde et fêtarde de Bangkok... Une sorte de Lang Kwai Fung locale, les touristes, nombreux et peu vêtus, en sus. C'est aussi ce qui donne une atmosphère si festive à la ville, les touristes. C'était émouvant de se retrouver là, quatre ans après, à quelques mètres seulement de l'hôtel dans lequel nous avions alors séjourné...

    Le premier jour, lundi, je suis arrivée trop tard pour imaginer P1030082profiter de la ville... je me suis contentée de flâner dans la rue, de  me laisser séduire par les stands nocturnes (je crois que j'ai fait le plein de maillots de bain pour les deux ou trois prochaines années !)...

    Le lendemain par contre, j'ai eu un réveil matutinal pour pouvoir tout à loisir me livrer au pèlerinage tant attendu : Wat Phra Kaeo, le Grand Palais et Wat Pho. Quel plaisir que celui de déambuler dans P1030086 les rues, sous un soleil de plomb, de slalomer entre les tchuk-tchuk cherchant clients, les stands de babioles, et les Thaïs bien gentils qui expliquent que le temple est fermé pour le moment, à cause d'une cérémonie religieuse (pour ceux qui prévoient un séjour à Bangkok, c'est, bien évidemment, entièrement faux... l'idée, c'est de détourner le touriste du temple qu'il voulait visiter, de le faire monter dans un tchuk-tchuk, et de l'emmener, pour une somme exagérée, visiter des temples de moindre importance)... En me laissant perdre (pléonasme : je me promène, je me perds... l'histoire de ma vie !), je suis tombée sur un charmant marché dans lequel une très gentille vendeuse a voulu que je la prenne en photo :

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    Ben oui... c'est un garçon, ma gentille vendeuse... Ce sera très souvent le cas : il y a une forte communauté travestie à Bangkok...

    J'ai quand même fini par voir tout ce que je voulais voir ce jour-P1030149 là : le bouddha d'émeraude, le bouddha couché, les fresques murales de Wat Pho... Un vrai régal pour mes yeux... alors je mets toutes les photos dans le dossier "Bangkok", en espérant que cela ravira aussi vos yeux...

    La visite s'est achevée sur LE passage obligé, dont je rêve depuis quatre ans maintenant (je crois que je le regrettais déjà avant de l'avoir quitté) : le centre de massage du temple de Wat Pho... Comme il y avait beaucoup de monde à attendre pour être massé, il était impossible de négocier deux heures de massage... il fallait se contenter d'une heure... Comment ? Une seule petite heure de massage après quatre ans P1030159 d'attente ? J'ai bien essayé de proposer d'acheter deux massages consécutifs, refus de la dame de l'accueil : je prenais mon ticket numéroté, qui donnait droit à une heure de massage uniquement, et je retournais m'assoir en attendant dans le coin réservé à cet effet... Qu'à cela ne tienne : j'ai pris mon ticket, suis allée poser mon sac dans le salon d'attente, suis revenue faire la queue et ai demandé un nouveau ticket... Ca a bien fait rire la dame de l'accueil qui, du coup, a cédé à ma demande pressante... Deux heures de massage à Wat Pho ! Quelque chose comme un avant-goût de paradis !

    Durant toute ma promenade du matin, j'avais été surprise de P1030172 croiser des hordes et des hordes de policiers, tous sur le pied de guerre... Ce n'est qu'en revenant du côté de Khao San que j'ai compris... C'était le nouvel an bouddhiste... et le nouvel an bouddhiste se fête en s'aspergeant d'eau... A l'origine,  comme c'est encore le cas dans les temples, ce sont les moines qui aspergeaient les fidèles à l'aide de rameaux trempés dans l'eau... mais à Khao San road, fermée à la circulation pour l'occasion, tout le monde asperge tout le monde dans un vaste bazar très P1030214 joyeux... Bouteilles, pistolets à eau, jets, tout est bon pour mouiller le voisin... et, parce que c'est tellement plus drôle, on a  aussi avec soi de petits seaux remplis d'argile dans lesquels on trempe ses mains avant de les appliquer sur les peaux nues qui passent à proximité... Un peu de musique, très fort, pour accompagner les mouvements de foule, des danseuses court vêtues et beaucoup de bière, parce que les Thaïs n'ont jamais entendu dire que sans alcool la fête est plus folle...

    Jamais, je crois, je n'avais vu tel débordement festif ! J'ai mis P1030218deux bonnes heures à parcourir les deux cents mètres qui me séparaient de mon hôtel (dans lequel je suis arrivée dans un drôle d'état)... Des centaines et des centaines d'humains dégoulinant s'entassaient, chantaient, criaient, dansaient.... Pour vous donner une petite idée, j'ai filmé quelques minutes de l'ambiance de la rue, bien à l'abri dans le hall de l'hôtel, histoire de protéger un peu mon appareil photo magique (qui ne doit sa survie qu'à un sac plastique que j'avais au fond de mon sac à main et qui s'est révélé assez hermétique pour éviter la catastrophe) :

     

    Heureusement, l'hôtel choisi, le Buddy lodge, avait une petite piscine sur le toit, où j'ai pu me laisser sécher bien agréablement par le soleil... C'est encore là que j'ai passé ma matinée du P1030271 lendemain, en attendant de retrouver Eric dans un autre hôtel, un peu excentré... C'était amusant de se retrouver ainsi à Bangkok, après trois semaines de son absence... Pour fêter ça, le soir, nous avons pris la direction du Bayan Tree Hotel, un hôtel qui a la particularité d'avoir un bar exceptionnel sur le toit... Ambiance de charme, vue imprenable sur la ville et un coucher de soleil féérique... Que demander de plus ?

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    Pour finir cette parfaite journée, il ne nous manquait qu'une petite séance shopping, que nous avons faite au Night Bazaar...

    Le lendemain, jeudi, journée travail pour Eric et grande expédition pour moi : j'avais décidé de me rendre chez le coiffeur... Selon toute vraisemblance, les prix des coiffeurs en Thaïlande ne pouvaient pas être plus élevés qu'à Hong Kong... Je me suis donc rendue à l'Intercontinental Hôtel où devait se trouver, selon les informations glanées sur Internet, un coiffeur français... mais le coiffeur français avait fermé et s'y trouvait un coiffeur local... Allons-y pour une coupe locale ! Evidemment, quand j'ai parlé de "mèches blondes, légères" et que le coiffeur, d'un air entendu, m'a montré la photo d'un très joli platine, j'ai P1030314 abandonné toute velléité de coloration... une coupe, finalement, ce serait largement suffisant... Il a fallu insister lourdement, et à plusieurs reprises, pour que le coiffeur coupe vraiment, là où il ne faisait que rafraîchir timidement mais, finalement, le résultat, sans être transcendant, est plutôt pas mal... et c'est vrai que le prix n'a pas grand-chose à voir avec ceux pratiqués dans la ville de notre nouvelle vie...

    Le vendredi, travail pour Eric et séances piscine pour moi, entrecoupées seulement de pauses "massage"... et le soir, pour faire plaisir à Monsieur, un petit tour par Khao San, où j'ai fini de dévaliser les stands à babioles.

    La plus jolie journée a été,P1030323 forcément, celle de samedi puisque Eric ne travaillait pas et que nous en avons profité pour nous rendre au marché de Chatuchak, où nous avons acheté tout ce que je n'avais pas acheté il y a quatre ans (et que j'avais fortement regretté de ne pas avoir acheté par la suite)... C'est ainsi qu'un pouf triangulaire à la mode thaï et une énorme tête de bouddha trônent désormais dans notre joli appartement...

    Après des heures et des heures passées à  errer entre les stands, chargés comme deuxP1030351 petits Sherpas au départ d'une expédition, à s'extasier sur la qualité des produits vendus une bouchée de pain pour nos bourses occidentales, nous avons enchaîné sur un repas en haut de la tour Baiyoke II, la tour la plus haute de Bangkok... Là encore, une vue à couper le souffle... Le buffet, quoi qu'en dise le Routard, était bien décevant, mais voir la ville s'étaler à nos pieds valait le déplacement...

    Finie la petite semaine passée à Bangkok... Je suis de retour depuis hier soir et Eric est parti pour Jakarta... Retour prévu, pour lui, mercredi dans l'après-midi... après quatre semaines de vadrouille, il lui tarde un peu ! Ce qu'il y a de bien, dans le fait d'habiter Hong Kong, c'est que l'on rentre de vacances avec plaisir, heureux de renouer avec la beauté de cette ville dont on ne se lasse pas, contents de réintégrer notre nouvelle vie à nous commence...

    April 05

    Bali, suite et fin...

    Je vous avais parlé de trois occasions où, durant notre séjour balinais, nous avons manqué à notre rituel enchaînement : petit-déjeuner/piscine/déjeuner/piscine/dîner/dodo...

    Le premier manquement a consisté à partir à la découverte d'un petit coin de paradis longuement vanté par François et Caroline : Dreamland beach... c'est vrai que le nom fait rêver... Evidemment, trouver une plage quand on n'a pas de plan, c'est un peu compliqué, alors nous avons enchaîné les heures de voiture dans un véhicule absolument pas conçu pour contenir, à l'arrière, les trois adultes que nous étions... Mais tout ça en valait la peine... c'est vrai que les vagues sont belles, à Dreamland :

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    ... c'est vrai aussi que la plage n'est pas mal :

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    ... mais ce que n'avaient pas prévu François et Caroline, c'est que leur petit coin de paradis pourrait aussi attirer d'autres que nous, des promoteurs par exemple... du coup Dreamland, c'est aussi ça :

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    ... forcément, ça fait un peu moins rêver...

    Le deuxième manquement, une virée à Ubud, au coeur de l'île de Bali... Eric ne voulait pas manquer à la tradition qui veut que "vacances" rime avec "location de moto"... L'idée a amusé Benoît.. Nous voilà donc partis tous trois à moto sur les routes de Bali, François et Caroline suivant en voiture... Sur le trajet, pas grand-chose à dire : les routes et la conduite balinaises sont bien moins inquiétantes que ce que nous avions connu en Inde, et les motos sont assez correctes... En la matière, Benoît remporte la palme avec une moto qui, au bruit, et au bruit seulement, a tout d'une Harley... J'exagère ? Entendez plutôt...

      

    (au passage, vous admirerez les très jolis casques que nous portions...)

    A Ubud, déjeuner au Lotus Café, un charmant restaurant au P1020812 bord du grand bassin couvert de fleurs du temple voisin, le temps que la pluie cesse, et nous nous rendons tous dans le marché local... des ruelles étroites, bordées de stands en tous genres... Un vrai paradis de filles ! On y retrouve évidemment tous les articles déjà vus à Kuta (paréos, maillot de bain "trop joli", set de table...) mais aussi pas mal de pièces d'artisanat local... De quoi (re)décorer un appartement de A à Z...

    Un peu plus loin, la rue principale regorge de galeries de peinture, d'ateliers de peintres et de boutiques d'artisanat d'art. A côté des toiles naïves qui achalandent la majorité des galeries, souvent très réussies d'ailleurs, quelques pièces plus rares, plus audacieuse... Un vrai régal pour les yeux...

    Plus encore que le marché ou les boutiques d'art, ce qui nous séduit, à Ubud, est une atmosphère très particulière de sérénité presque palpable... le P1020833pas se fait moins pressant, les mots plus rares, les gestes plus mesurés... 

    En soirée, petite promenade en dehors de la ville... On emprunte pour cela une petite ruelle faite de pavés incrustés d'inscriptions, du genre "star avenue" mais offrant la parole, si l'on a bien tout compris, à des inconnus, que l'on remonte jusqu'à déboucher sur le spectacle féérique du coucher de soleil sur les rizières... et là, tout d'un coup, on comprend pourquoi on est là...

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    ... on comprend aussi que la journée du lendemain sera forcément consacrée à une balade dans les rizières...

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    Et on consacre la journée du lendemain à une balade dans les rizières, où nous avons quand même réussi la prouesse de débusquer un temple... chinois ! Difficile de dire la balade en question... Il y a les photos pour cela, qui le feront mieux que moi... dans l'album photo "Bali suite et fin"...

    Le troisième manquement, dernière soirée de notre séjour, un spectacle de Keçak au temple Uluwatu. Keçak, j'explique ? J'explique... Keçak, c'est un spectacle qui met en scène la légende P1020993hindoue du Ramayana. En quelques mots, il s'agit de l'histoire d'un peuple de singes venant en aide à Rama, un guerrier dont la femme, Sita, a été enlevée par le méchant roi Ravana...  Sur scène, des danseurs interprètent les différents protagonistes et, autour d'eux, tout autour, un choeur de chanteurs assis, très rarement debout, psalmodient, d'un bout à l'autre du spectacle, le très distinctif :"chak-a-chak-a-chak" en agitant les mains... On frôle la transe...

      

    La vidéo est de mauvaise qualité, désolée...

    Très beau même si certaines scènes, donnant dans le comique grotesque, nous surprennent un peu...

    Bali, c'est terminé... avec un très net goût d'inachevé, d'envie d'y retourner... Nous y retournerons...

    Benoît est reparti pour Milan, où il a enchaîné de longues heures d'avion et une journée de travail... Caroline a retrouvé Barcelone, où bébé Carle continue à grandir dans son ventre ... François est toujours là, à Hong Kong, parce qu'il a bien du mal quitter cette ville qu'on aime (et, accessoirement, parce qu'il a dû travailler en Chine cette semaine)...

    C'était bien, les Zamis, ces quelques jours passés ensemble à Bali... François, Caro, c'était bien d'avoir découvert vos bonnes adresses... Benoît, c'était bien d'avoir l'occasion de te découvrir un peu plus... Merci, les Zamis, de ces jours qui font qu'on l'aime tant, notre nouvelle vie à nous qui commence...

    April 02

    Bali...

    Bali... aaaaahhhhhhh, Bali.... Pour situer tout d'abord, parce qu'il y a des enfants qui lisent ce blog, et que ce sera toujours ça de pris pour les cours de géographie (ou pour les futures vacances)...

    Bali, c'est l'île bouddhiste d'un pays musulman, l'Indonésie. Une toute petite île, entourée sur la carte, presqu'en ligne droite, verticale, depuis Hong Kong.

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    Nous logions au Sud, à Kuta, L'ENDROIT branché (et touristique) P1020599de Bali... et, plus fort, dans L'HOTEL branché de Kuta, celui qui  avait, tous les soirs, un DJ sur la terrasse, chargé d'être l'animation de la rue... Pour ceux que ça intéresse, qui auraient des envies de vacances balinaises, l'hôtel en question, c'est le Kuta Seaview Cottage, situé en face de la plage (seulement une rue à traverser) et à deux pas du "centre ville"... Des chambres très P1020600 correctes, dans un joli cadre, avec tout ce qu'il faut pour passer d'excellentes vacances. Pour info toujours, il vaut mieux réserver sa chambre sur internet, en passant par un site du genre Zuji ou Asiaroom : les prix vont du simple au double, selon que les tarifs ont été négociés ou que l'on se pointe sourire aux lèvres à la réception en demandant s'il reste de la place...

    Dès notre arrivée, nous avons compris pourquoi Bali en général et Kuta en particulier étaient considérés comme des paradis de surfeurs...

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    ... une belle plage, très sale, peu ou pas entretenue... une eau aussi sale que la plage... mais des vagues, des vagues, des P1020642vagues... Il n'en fallait pas plus pour rendre François, Eric et Benoît, venu tout exprès de Milan, heureux et songeurs. C'est à peine si Caroline et moi avons réussi à les convaincre, le premier jour, de prendre le temps de nous saluer avant d'aller affronter l'océan (comment ça ? j'exagère un peu ?)... Heureusement, les vagues ont vite eu raison de leurs bras et ont su les convaincre de se limiter à quelques heures de surf quotidiennes...

    Pour le reste, Kuta, c'est facile à raconter... Des gens souriants, P1020623 tout le temps souriants (amis hongkongais, si vous lisez ces lignes...)... un temps très agréable, chaud, humide et ensoleillé...  des statues partout, des marchands partout aussi, exposant vêtements de plage, contrefaçons de grandes marques, bijoux de pacotille, accessoires de surf, cd et dvd piratés, artisanat local et peintures... Ce qu'il y a de surprenant, à Bali, c'est l'atmosphère très particulière qui y règne, où se mêlent touristes des grands hôtels, routards, surfeurs, voyageurs en manque de spiritualité et locaux, dans une parfaite bonne entente... Si je n'avais pas peur de tomber dans le cliché, je P1020661parlerais d'harmonie...

    Notre semaine à Kuta, facile à raconter également... Des petit-déjeuners pantagruéliques, des déjeuners d'ogres, des dîners éléphantesques, des séances de massages qui s'enchaînent, des heures à bouquiner au bord de la piscine, d'autres à arpenter les marchés, à la recherche DU maillot de bain, DU paréo, de LA statuette...

    Toutes les photos, bien sûr, dans l'album photo "Kuta"

    Trois "expéditions" seulement, exceptions dans notre nonchalante routine : une journée passée à chercher la plage de Dreamland, une balade à moto jusqu'à Ubud, et un spectacle de danse "keçak", le dernier soir.

    Je vous raconterai tout ça demain, toute impatiente que je suis de retourner à ma session "agreg'" de l'après-midi. Difficile de remettre en route ma petite cervelle toute embuée de l'inactivité que j'avais appris à apprécier durant les derniers mois de notre nouvelle vie à nous qui commence...

    January 21

    Fin du voyage...

    Après Tanjore, reposés par de longues séances "bronzette", nous prenons de nouveau la route, le bus, en direction de Mahabalipuram. Drôle de trajet où il s'agit de prendre un bus dans une gare routière où rien n'est indiqué (nous devons notre salut à la gentillesse d'un vieil indien qui nous mène jusqu'à la porte du bus et ne nous lâche la main qu'après s'être assuré que le chauffeur prendra bien soin de nous), où il s'agit ensuite de parvenir à fermer l'oeil entre pleurs de bébés et ronflement du type de devant, et où il s'agit finalement d'être débarqués, sans autre explication, au milieu de nulle part, sur le bord d'une route, bien heureusement infestée de tchuk-tchuk...

    La première image que nous aurons de Mahabalipuram, en P1010691arrivant aux aurores, c'est celle-ci, prise au bout de la jetée de l'hôtel incroyable dans lequel nous logeons... Encore une fois, nous sommes piégés par les fêtes de fin d'année et par notre négligence... pas une chambre d'hôtel disponible le jour de notre arrivée, qui est aussi le 31 décembre... Comme à Tanjore, nous épluchons le guide du Routard, rubrique après rubrique : "prix moyens", "plus chic", "de très chic à beaucoup plus chic". Rien... Nous trouvons refuge au GRT Temple Bay, déniché dans la rubrique "hors catégorie". Pour un prix qui me fait monter le rouge au front aujourd'hui encore, nous goûtons au charme P1010698discret d'un établissement de luxe et fréquentons la jet-set indienne. Le premier soir en tout cas, le temps d'un réveillon dont nous vous avons déjà dit qu'il avait la particularité, amusante pour nous, d'être aux couleurs de la Chine... Le lendemain, traînant derrière nous notre valise à roulettes, nous rejoignons le centre du village pour la Siva Guesthouse, aux prix modiques et à la convivialité bien reposante. Pour avoir fréquenté les deux P1010689types d'établissements, je suis formelle : le confort des uns est à  la hauteur de la convivialité des autres... Si les hôtels "luxe" ont  des services et des cadres que la majorité des guesthouses n'ont pas, je n'y ai jamais trouvé leur atmosphère chaleureuse, amicale, dans laquelle les rencontres et les échanges se font si naturellement... Pouvoir alterner, finalement, c'est ça le vrai luxe...

    Cela dit, nous ne regrettons pas de nous trouver au GRT pour le P1010783réveillon parce que, du coup, il est vraiment un réveillon indien, l'hôtel étant très en grande majorité fréquenté des autochtones... Buffet somptueux, open bar, et immense scène sur laquelle se succèdent des artistes venus des quatre coins du monde. Au programme, danses balinaises, jongleurs de feu et variétés américaines...  J'ai dit et redit, sur ce blog, que les femmes de l'Inde étaient des princesses, toujours vêtues avec P1010806 beaucoup de soin... et ce qui est vrai dans la journée l'est encore plus le soir, qui plus est le soir de la Saint Sylvestre ! C'est un feu d'artifice de soieries, d'étoffes précieuses auquel nous assistons... Toutes plus belles les unes que les autres, les filles se livrent, entre copines ou avec leurs époux, à des chorégraphies extrêmement recherchées, sur des musiques que nous n'avons jamais entendues mais au son desquelles nous sommes heureux de partager la piste de danse...

    Mahabalipuram, c'est une toute  petite ville à mi-chemin entre Pondichéry et Madras... C'est aussi un haut lieu  touristique, autant pour les "western" que nous sommes que pour les Indiens (qui voyagent beaucoup à l'intérieur des frontières)... ce qui veut P1010841dire beaucoup de rabatteurs, quelques faux orphelins, des boutiques de vêtements et de bijoux à tous les coins de rue, mais  aussi d'excellents restaurants de poissons (comment ça, il y a une centrale nucléaire à proximité et les poissons sont de véritables filtres ? on mange bien ceux de Hong Kong ! ce n'est pas une petite centrale nucléaire qui va nous empêcher de goûter la nourriture locale !) P1010864 et une atmosphère bon enfant, un peu à la routarde, comme on les aime...

    Nous profitons de la plage. Une plage à l'indienne, où les barques de pêcheurs côtoient les vaches sacrées, les chiens affamés et les enfants qui jouent... Premiers pas dans l'océan Indien (oui, j'adore photographier mes pieds !)... l'eau est chaude, les vagues sont fortes... 

    P1010713A Mahabalipuram, nous découvrons aussi l'un des monuments les plus célèbres de l'Inde du Sud : le Shore Temple, un temple surplombant la mer, qui a étonnamment résisté à l'érosion et au tsunami de 2004 (tsunami qui a d'ailleurs permis, ici, la mise à jour des vestiges d'un autre temple, enfoui sous le sable, qui est aujourd'hui interdit au public pour cause de travaux mais qui devrait être accessible d'ici quelques années).

    P1010733  Enfin, à  Mahabalipuram, nous passons une journée à nous promener sur la colline à l'arrière de l'Arjuna's Penance, un bas-relief incroyable de 27 m de long sur 9m de haut, représentant la descente du Gange (selon la légende, le fleuve le Gange est descendu sur terre canalisé par les cheveux de Shiva, de façon à ce que son impétuosité ne détruise pas la planète)... La photo, à gauche, est un détail de ce bas-relief... si vous êtes attentifs, vous devriez voir, sous les défenses de l'éléphant, l'une de ses curiosités : un chat yogi en pleine méditation au milieu de tas de souris dansant autour de lui...  A l'arrière de l'Arjuna's P1010737 Penance, la colline, bien agréable parce qu'elle représente une jolie promenade au milieu des pierres, des arbres immenses et des petits singes quémandant un peu de nourriture, est parsemée de temples creusés à même la roche ou construits de blocs apportés. Belle journée que nous terminons par quelques photos au pied du Krishna Butter Ball (en français : la boule de beurre de Krishna), une énorme boule de granit qui paraît en équilibre incertain dans la pente, dont la légende veut qu'il s'agisse d'une boule de beurre échappée des mains de Krishna enfant...

    Vous connaissez la suite : des photos, plein de photos, dans l'album "Mahabalipuram"...

    Fin du voyage... Un taxi nous ramène à l'aéroport de Madras... direction notre nouvelle vie à nous qui commence à Hong Kong...

    January 20

    Rappel à l'ordre...

    Je suis rappelée à l'ordre, au blog, par Caro qui se plaint, à juste titre, de ne plus trouver de billet récent depuis quelques jours... Effectivement, j'ai été silencieuse pendant quelques temps... Félicitations, Caro, pour ta perspicacité (et pour tout le reste !!!!)... et pardon Caro que je ne veux surtout pas contrarier...  

    Je continue avec le récit de nos deux semaines en Inde... J'en étais à Tanjore, où nous passons trois jours complets...

    Arrivés le matin de très bonne heure, après de nouvelles longues P1010517heures de bus (ah, le bus de nuit indien !), nous découvrons avec  plaisir notre nouvelle maison provisoire... Fêtes de Noël aidant, nous ne trouvons aucune chambre libre dans les "prix moyens" du Routard... qu'à cela ne tienne, nous nous dirigeons vers les "plus chic", ce d'autant plus que le guide nous annonce un petit paradis au bord du fleuve, piscine et pelouse à l'anglaise, pour la somme, P1010552somme toutes modique, de 44 euros... Une fois de plus, le  Routard est à côté de la plaque... Oui, la piscine est superbe et la pelouse à l'anglaise... mais le prix de la chambre n'a pas grand-chose à voir avec celui annoncé (qui a sans doute correspondu à quelque chose, il y a de nombreuses années)... La première surprise passée, nous nous félicitons d'avoir trouvé ce P1010654 Ideal River View Resort, dans lequel nous passons de longues heures au bord de la piscine ou à guetter les "petits" lézards du magnifique jardin. Deux bémols à ce cadre idyllique : la nourriture perd de son intérêt à force d'être aseptisée au goût de nos palais européens, et il est un peu excentré, ce qui a plutôt tendance à accentuer notre léthargie naturelle...

    Malgré tout, nous faisant violence, nous parvenons à nous P1010568 extirper de ce petit coin de paradis pour aller à la rencontrer du Marata Palace Museum, un musée de sculptures et statues, installé dans un somptueux palais de maharaja, et pour enchaîner par le temple de Brihadishvara, un temple dédié à Shiva, qui nous paraît presque plus impressionnant que celui de Maduraï P1010605parce qu'il y règne une atmosphère toute particulière, sans doute due aux teintes oniriques dont le soleil couchant pare la pierre blonde.  Là encore, pieds nus, prières, chants psalmodiés, femmes de toute beauté, saleté et impression, toujours, que chaque chose est à sa juste place, nous compris...

    Ici, nous faisons, parce qu'un vendeur de bougies est plus habile que les autres, un don aux pieds d'une statue... Que faire d'autre des deux petits récipients plein de parafine qu'il vient de nous mettre dans les mains ? Impression, pourtant, d'une mauvaise blague, quelque chose comme un blasphème, au moment où nous nous penchons devant la statue...

    Toutes les photos du temple, du musée, de la résidence où nous logeons et de nos longues séances "piscine" dans l'album "Tanjore".

    Demain, sans faute, la dernière halte de notre séjour : Mahabalipuram... je m'y engage... histoire de pouvoir reprendre le cours hongkongais de notre nouvelle vie à nous qui commence...

    January 15

    36 heures à Madurai...

    Pour aller à Madurai, et ce sera la seule fois durant tout notre séjour, nous voyageons en train de nuit... plus aucune place en 1ère mais nous parvenons à trouver deux places en couchettes 2nd,  sans air conditionné... Au dernier moment, au moment de monter dans le train, Eric parviendra finalement à négocier (en payant bien sûr) une place en couchettes AVEC air conditionné. Cela change tout, dans un pays où il fait chaud même la nuit (qui dit "chaud" dit bestioles et odeurs)...

    Nous avons aimé la gare de jour, nous aimons la gare de nuit. Encore plus typique. On y dort, couché à même le sol ou sur une couverture étendue pour l'occasion, on y fait les cent pas, comme dans toutes les gares du monde, on y mange aussi, et puis, à la mode locale, on jette ce dont on ne veut pas sur les rails où des hordes de chiens et de chats, en plus ou moins bon état, jamais agressifs, fouillent les déchets, entre deux passages de trains... Etrangement, on n'y fume pas, même sur les quais... Comme nous sommes arrivés très en avance, que nous avons plusieurs heures à passer, nous nous rendons, sur les conseils du Routard, dans la salle d'attente VIP, normalement réservée aux passagers de 1ère classe... Une salle d'attente ouverte à tous vents, quelques sièges de métal, des toilettes pas très propres et des douches (!). L'odeur d'urine, toujours, très présente, qui finit par nous chasser de la salle d'attente en question. Nous trouvons refuge à l'extérieur, sur un quai. Eric fait les cent pas et je bouquine à la lueur du lampadaire au pied duquel je suis assise, m'aspergeant d'anti-moustiques au point que les chiens affamés n'osent approcher. Ces bras-là, de Camille Laurens attire l'attention d'un jeune indien, étudiant la langue française, dont le train fait halte quelques minutes en gare. Quand Eric revient, j'ai plein de petits amis indiens qui essaient de m'apprendre quelques mots de tamoul que j'oublie aussitôt prononcés.

    Le train indien ? Bien moins inquiétant que ce que l'on pourrait imaginer. Le train indien, pour ce que nous avons pu en voir, est propre. Bien sûr, je hurle à la vue d'un cafard s'échappant au moment où le contrôleur ouvre nos couches, mais finalement il est plutôt moins inquiétant que les cafards hongkongais... Beaucoup moins gros.Pour le reste, ce n'est pas le grand luxe (des enfilades de compartiments ouverts sur le couloir, où l'on trouve également des couchettes, chacun avec six couchettes sur trois étages) mais ce n'est pas non plus dramatique. Nous sommes presque confortablement installés... "Presque" parce qu'il ne faut pas tenter le diable et qu'il faut dormir avec nos sacs... du coup, je partage ma couche avec un sac aussi gros que moi. La cohabitation se passe plutôt bien, sauf pour mon cou, qui a bien du mal à trouver une position qui lui convienne.

    Nous arrivons tout de même à peu près reposés à Maduraï, au petit matin et nous sommes cueillis par l'agitation frénétique de laP1010416 ville. Klaxons, cris, bruits... Le temps de trouver l'hôtel, un bâtiment sans charme, qui a l'avantage d'être proche de la gare,  réservé la veille par téléphone, de poser nos affaires dans la chambre et nous nous trouvons sur le toit, un thé à la main, des oeufs fumants dans nos assiettes. Le soleil choisit ce moment précis pour se lever face à nous...

    A Maduraï, l'atmosphère n'est pas aussi douce qu'à Pondichéry, P1010422l'air y est bien plus pollué, il n'est pas forcément agréable de flâner dans les rues... Il y a bien un mémorial consacré à Gandhi, que nous visitons, mais qui n'a pas grand intérêt... Si l'on vient à  Maduraï, c'est avant tout parce qu'il y a, à Maduraï, un temple exceptionnel, le Sri Meenakshi Temple... Nous y passons toute la matinée, une partie de l'après-midi aussi, pieds nus sur la pierre... Sous le charme...

    Est-ce que les pieds nus fabriquent des souvenirs impérissables ? J'ai le souvenir très net, je crois, presque palpable, de tous les endroits où j'ai marché pieds nus, que j'ai touché de mes pieds P1010427nus... Est-ce que le corps garde le souvenir de ce qu'il a touché ?  Nous sommes pieds nus dans le temple et j'aime ça. Suis choquée, d'ailleurs, par un groupe d'Allemands qui, au moment d'ôter leurs tongs, enfilent des chaussettes... Eric a raison : je suis choquée par pas grand-chose... Pourtant, ils m'agacent, cela m'agace... comme un refus de fouler pierres que tous foulent pieds nus... comme un refus de partager, une mise à distance impolie...

    Exceptionnel, le temple de Maduraï...Onze tours toutes décorées de mille figures de dieux... P1010486 des statues à profusion, que l'on recouvre de bouts de tissu, de cendres, de beurre clarifié, devant lesquelles on fait brûler de toutes petites lampes à huile... des peintures murales très colorées...  des prêtres qui bénissent les fidèles, des gourous, des sadhus, religieux mendiants à la longue tignasse emmêlée, à demi-nus, au corps couvert de cendres... Partout l'on prie, l'on psalmodie, l'on s'incline... Les gens sont beaux, ici aussi, ici surtout.... Toujours cette impression : chacun, chaque chose, est à sa juste place...

    Je ne sais pas raconter tout ça... Les photos dans l'album Maduraï le feront mieux que moi qui laisse mes récents souvenirs pour retourner à notre nouvelle vie à nous qui commence...

    January 13

    Pondichéry...

    Puisqu'il n'y a plus de places disponibles en train, c'est en bus queP1000975 nous nous rendons à Pondichéry... Un peu plus de quatre heures de trajet, toujours selon la théorie locale du chaos routier... Pour l'angoissée de la route que je suis, cela veut dire un peu plus de quatre heures de frissons, de soupirs et de suées froides. Qu'est-ce qui a pris au Routard d'écrire que les chauffeurs de bus, pour assurer mes cadences infernales qui sont les leurs, sont en général drogués du matin au soir, ce qui explique les nombreux accidents de la route les impliquant ? Heureusement, le bus est un bus tout confort, avec, même, une climatisation bricolée :

    P1000973

    (mais pas d'amortisseurs...)

    Arrivée à Pondichéry, gare routière, tchuk-tchuk négocié pour se rendre dans un hôtel élu "hôtel préféré dans lequel on aimerait bien passer les quatre jours que nous avons à passer dans le coin"... Sauf que l'hôtel en question est plein. Comme le suivant. Comme celui d'après... Ca fait les affaires de notre chauffeur de P1010085tchuk-tchuk, qui gagne 20 roupies supplémentaires à chaque refus essuyé et qui s'efforce à prendre un air contrit tout de même... Au bout d'une dizaine, nous commençons un peu à nous demander comment tout cela va finir... Pas plus d'inquiétude que ça pourtant parce qu'il reste encore pas mal de temps avant la nuit et aussi parce que cet épisode est l'occasion de se rendre compte que l'on parle beaucoup, beaucoup français, dans le coin... A un   collègue à qui notre chauffeur (qui n'est sans doute pas plus chauffeur de tchuk-tchuk que moi) demande sa route, et à qui nous essayons d'expliquer où se trouve, sur le plan, l'adresse que nous cherchons, nous nous entendons répondre : "D'accord, d'accord"... Bien plus tard, quand nous aurons finalement trouvé un hôtel pour nous accueillir, Eric, prenant son plus bel anglais pour demander à l'un des employés s'il est possible de faire laver du linge, se verra demander : "Parlez français, s'il vous plaît"... C'est bien la première fois, en dehors de France, que le français est appelé au secours de l'anglais ! Merci l'Alliance française !

    P1010188Je l'ai dit plus haut, nous finissons par trouver où nous loger... et  c'est un véritable petit coin de paradis que le hasard met sur notre route... Pour ceux qui se demandent encore où aller, en arrivant à Pondichéry, je conseille, sans hésiter la Villa Héléna (ou la villa Ophélia, qui est une émanation de la première). On est loin de l'adresse un peu miteuse de Madras... Une superbe maison P1010013coloniale, avec salle de bain somptueuse (ET eau chaude à peu près toute la journée !), beaux meubles de bois, terrasse ombragée et petite cour arborée avec tout plein d'écureuils et d'oiseaux, un personnel disponible et efficace... le tout au coeur de la ville... Quand j'aurai ajouté que le petit déjeuner comprend un vrai (et bon !) croissant et que la tenancière des lieux est de la famille de Sacha Guitry... je crois que le tableau est P1000978complet... Une belle adresse vraiment... avec une petite mise en garde pourtant : à la villa Ophélia, où nous logions, la sonnette à l'entrée ne fonctionne pas.. Inutile donc de sonner des heures durant, il vaut bien mieux actionner la petite cloche pendue à la porte... Cela évite de passer quelques minutes un peu désarmantes, à la fin de son réveillon de Noël, à se demander s'il faudra hurler pour prévenir les surveillants de notre arrivée, et réveiller ainsi tous les résidents, ou se résigner à passer la nuit dehors...

    P1010282

    Quatre jours à Pondichéry... Evidemment, nous commençons par la visite de l'ashram et celle d'Auroville, la ville "utopiste" créée de toutes pièces par la fondatrice de l'Ashram... Tout cela mérite explication ? Alors explications...

    L'ashram, pour faire simple, c'est une école fondée par une française, surnommée La Mère, pour former les disciples de Aurobindo, son époux, un philosophe bengali passé par le yoga P1010154puis par la "quête intérieure". C'est là qu'on le perd... en tout cas, c'est là que je le perds... Toujours est-il que l'ashram existe toujours et qu'on y trouve le tombeau, vénéré, des deux époux... Nous avons beau être des mécréants, nous sommes touchés par la ferveur des admirateurs baisant le marbre... Nous faisons même l'effort d'essayer de comprendre en achetant deux  volumes de "La mère raconte...", P1010147 compte-rendus de l'enseignement dispensé à l'ashram... C'est à peu près au milieu du premier tome, quand la mère assure que l'un de ses chats entrait en transe quand elle et son époux méditaient, et qu'il aspirait tellement à être un homme qu'il a pu "sauter" quelques étapes et se réincarner directement en humain à sa mort... que j'ai abandonné... Elle continue sans moi, la mère... je me concentre sur l'éléphant qui bénit les fidèles, à quelques rues de là, et sur ses beaux yeux. (S'il y a des amateurs, on tient à leur disposition le bouquin en question...)

    Quant à Auroville, voilà ce qu'en dit le Routard : ce "n'est pas une P1010226 ville, c'est un lieu où se vit une expérience, une manière pour une communauté humaine de vivre ensemble différemment... à part le Matrimandir, le lieu de méditation, il n'y a strictement rien à "voir" au sens touristique du terme"... Nous allons à Auroville et nous confirmons : il n'y a strictement rien à voir. Le Matrimandir en question (à gauche) est finalement assez décevant (l'intérieur, dont le Routard nous dit qu'il est un véritable havre de paix, nous ne le verrons pas : impossible d'approcher le bâtiment à moins de cent mètres)... Par contre, les jardins qu'il faut traverser pour y accéder sont exceptionnels. Ca nous fait un bien fou que de P1010221 nous promener ainsi en plein air après avoir respirer tous les gaz d'échappement de Madras !  Drôle d'impression quand même, à l'arrivée, quand il faut obligatoirement visionner une vidéo explicative avant de pouvoir pénétrer les jardins... Ce ne serait pas un peu sectaire, cette façon de procéder ? Qu'à cela ne tienne : nous trichons, entrant dans la salle de projection trois minutes avant la fin puis nous noyant dans la masse qui se dirige vers la distribution de tickets d'entrée... Ca marche ! Qu'est-ce qu'on est des rebelles !

    Finalement, ce qui nous interpelle le plus, c'est encore un banyan sans doute plusieurs fois centenaire...

    P1010231   P1010224

    Cela dit, nous voulons bien croire que nous n'avons rien compris à Auroville... D'ailleurs, il suffit d'une balade en mobylette à P1010366l'extérieur de Pondichéry pour que l'on tombe sur une plage, gérée par Auroville, dont la douceur de vivre, la fraîcheur et la sérénité nous laisse imaginer que, peut-être, nous n'avons pas compris grand-chose à Auroville... 

    De cette promenade en mobylette à l'extérieur de Pondichéry, à travers les villages où maisons en dur et huttes de boue se côtoient, nous n'avons pas rapporté de photos... D'abord, ce pas facile de prendre des photos en se cramponnant au dos d'Eric pour ne pas être éjectée du garde-boue au premier nid de poule... et puis on a un peu craint que les photos disent mal la magie du moment, à cause de la vétusté, de la saleté, des chiens et des enfants nus, peaux noires et brindilles de paille dans la tignasse, déféquant sur le bord des routes... La saleté, toujours, le bazar, toujours... et, toujours aussi, l'impression, tenace, très forte, que chaque chose est à sa juste place, que rien ne pourrait être plus parfait.

    Que fait-on, quatre jours durant, à Pondichéry ? On se promène, la journée, dans les rues pavées de la ville blanche, au milieu des bâtiments coloniaux plus ou moins bien entretenus... on découvre, au hasard de nos promenades, de vieux terrains de tennis, abandonnés depuis longtemps, et on se dit qu'Anne-Marie Stretter aurait y pu engager une partie... on sirote des jus de P1010310 fruits à la terrasse du Promenade, un hôtel avec vue sur mer... on se fait prendre en photo par des familles indiennes, par des groupes d'étudiants... on part à la recherche, dans les ruelles de la ville noire, d'une boutique vendant des masques de papier mâché fabriqués par des lépreux et on ne trouve, à l'adresse indiquée, par le guide, qu'une porte close... on achète des chaussures dans une boutique de l'ashram dans P1010104laquelle les vendeurs hésitent à sourire... on découvre un cimetière colonial, français, et on fuit, chassés par une attaque en règle de moustiques... on visite quelques églises... on s'amuse des noms de rue en français, de la sensation que l'on a parfois de se promener dans une charmante bourgade de métropole... on arpente le Sunday market (le marché du dimanche) et l'on s'étonne de voir que se vendent et s'achètent ici des objets qui, chez nous, prendraient la P1010352direction de la poubelle... On remonte, le soir, la longue digue longeant la ville, on se noie dans la foule et on se laisse charmer  par la douceur de vivre, par les rires des enfants et les sourires des parents... On rencontre sur son chemin un énorme moustique de papier mâché dans lequel on peut pénétrer pour découvrir une exposition, initiative de la commune de Pondichéry, visant à sensibiliser la population à propos des dangers de l'éléphantiasis (drôle de maladie, due à la piqûre de moustique, qui se traduit par des oedèmes et, de fait, des gonflements spectaculaires d'un membre ou d'une partie du corps => Caro, tu confirmes ?)... On  teste aussi, parce qu'on a un peu de temps, tous les grands restaurants du coin, parce que, si les hôtels ont des prix étonnamment élevés, les restaurants sont très accessibles à nos bourses P1010254occidentales...

    Nous faisons tout cela... Nous dînons, un vrai repas français, au Satsanga, pour un repas très dépaysant puisque l'on parle français tout autour de nous et qu'il y avait bien six mois que cela ne nous était pas arrivé... Nous enchaînons, le soir du 24 décembre, avec un réveillon dans la courette intérieur du Dupleix (en photo à droite), où les plats franco-indiens se succèdent avec plus ou moins de bonheur (délicieuse, la soupe en entrée... immangeable, le canard qui la suit)... Peu importe : le charme du lieu, une maison ancienne rénovée avec beaucoup de goût, pallie les expériences culinaires pas toujours réussies... Un coup de coeur particulier pour le restaurant de l'hôtel l'Orient, avec lequel nous terminons notre séjour, qui allie un lieu exceptionnel et une cuisine, indienne, tout à fait délicieuse...

    Evidemment, des photos, encore des photos, dans l'album "Pondichéry"...

    Et demain ou après-demain, sans faute, c'est promis, un petit mot sur le jour où Madurai s'est fait décor de notre nouvelle vie à nous qui commence...

     

    January 08

    Madras

    Madras... ville d'arrivée, premier contact avec l'Inde...

    En sortant de l'aéroport, la chaleur, malgré l'heure tardive. Surpris tout d'abord par la vétusté de l'aéroport, bien différent de P1000694 celui de Kuala Lumpur où nous avions fait une halte de sept longues heures (ben oui... c'est pour ça qu'il n'était pas cher, notre billet pour l'Inde)... La chaleur, tout de suite, malgré l'heure tardive... Surpris aussi par l'état des routes. Des routes ? Des chemins plutôt, faits de terre battue, de nids de poules, sur lesquels s'élancent taxis, tchuk-tchuk, mobylettes à trois ou quatre passagers, camions de foin, avec ou sans phare, le tout dans un joyeux brouhaha de klaxons en tous genres (les tchuk-tchuk ont des klaxons manuels, des petites poires en plastique comme ceux des vélos de notre enfance), sans règle compréhensible de priorité... C'est le bazar... Première impression de l'Inde : c'est le bazar... Elle ne nous quittera pas...

     P1000965L'hôtel, le premier hôtel, réservé par avance sur les conseils du routard, toujours aussi imprécis, est un peu décevant (pour information, le "Broad Lands Lodge"). Crasseux. Deuxième impression de l'Inde : c'est crasseux. Elle ne nous quittera pas non plus...

    La maison est jolie, avec une petite cour intérieure pleine de plantes. Plus justement : elle pourrait être jolie si elle n'était pas en état  avancé de délabrement. La propreté est très P1000696approximative : le ménage vient d'être fait dans notre chambre... ce qui n'empêche pas la bouteille d'eau vide sous le lit... On se fera plusieurs fois la réflexion que le souci d'hygiène existe, en Inde, mais pour les corps seulement. On se lave, beaucoup, souvent, pas toujours dans des conditions qui nous conviennent, avec de l'eau sale, dans des points d'eau où P1000698flottent des déchets, mais on se lave... Mais on ne lave pas autour de soi...

    Nous nous adaptons. Il ne s'agit que de deux nuits. Nous faisons avec les matelas pas très nets et très humides (pour tout dire, nous avions prévu : nous avions  apporté nos "sacs à viande"... quelle horreur que ce nom de sac à viande... je n'en connais pas d'autres), avec la salle de bains P1000699rudimentaire... Nous nous amusons des toilettes hors d'usage, entreposées sur le balcon... C'est crasseux et c'est le bazar...

    Au moment de partir, Eric s'y fera un ami... bien décidé à le suivre dans son tour de l'Inde...

     

     

    P1000969b  P1000969

    Le soir même, petite promenade aux alentours de l'hôtel, de quoi rencontrer un petit marché aux biquettes... en venant de Maurienne, je ne devrais pas m'extasier devant trois biquettes... oui, mais les biquettes, ici, sont exposées au milieu de la rue, rangées au milieu des mobylettes, et... peintes en rose... Deny, ça te donne des idées pour les chevaux ?

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    C'est le bazar...

    Pour le reste, Madras est une grosse ville, très peuplée, très P1000782bvaste, très polluée, très bruyante, sans grand intérêt que son fort, que nous n'avons pu visiter parce que nous avons décidé, justement, de nous y rendre le jour de fermeture hebdomadaire... Qu'à cela ne tienne, le site est charmant et nous nous amusons des petits écureuils qui y pullulent...

    Et nous adorons notre début de séjour... Des heures à se promener dans les ruelles commerçantes bondées de monde et de bruit, entre les boutiques vendant de tout et de rien, les stands de fleurs, de fruits et de légumes à même le sol. Rien de particulier... juste des scènes de la vie ordinaire, de quoi goûter à l'Inde autrement qu'à travers ses monuments...

     

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    Une belle matinée aussi dans les jardins d'Amethyst. Un quartier P1000738bun peu à l'écart de l'agitation, et une superbe maison coloniale où l'on trouve tout à la fois un salon de thé,  prisé  par la jeunesse dorée de la ville, et une boutique de créateurs indiens, très belle, proposant de très belles choses (bijoux, vêtements, objets de décoration, sacs) à des prix... européens !

    P1000896Des heures à flâner, le nez en l'air, sur la longue plage. Une plage à l'indienne : du sable, du sable, du sable.. 300 mètres de sable de la route à la mer, sur des kilomètres... pas un coin d'ombre, pas un arbre, et peu de baigneurs... A la nuit tombée, la plage est envahie de familles indiennes venues terminer la journée par le spectacle du soleil couchant... Partout, les rires fusent, les enfants s'agitent autour des P1000900animations qui leur sont proposées - chevaux de bois fonctionnant manuellement, stands de tir, vendeurs de ballons - et les ventres affamés s'agglutinent autour des échoppes ambulantes desquelles s'échappent d'alléchantes odeurs de nourriture. Nous n'osons pas y goûter, inquiets que nous sommes à l'idée de développer une tourista dès les premiers jours des vacances...

    Encore une fois, sentiment que tout et chacun est à sa juste place... C'est le bazar, c'est crasseux, et c'est... juste.

    Durant le séjour à Madras, nous décidons d'organiser le suite de P1000828bnotre séjour. Parce que non, nous ne l'avions pas fait auparavant... Direction la gare. C'est quelque chose, une gare indienne... des gens, des animaux, debout, assis, couchés... qui attendent, qui dorment, qui mangent, qui mangent... On finit par trouver, parce qu'il y a une organisation très structurée dans ce bazar apparent, un bureau chargé d'accueillir les voyageurs étrangers... P1000825 Nous arrivons un peu avant l'ouverture, au moment où les employés fêtent Noël, et ils nous invitent à participer. Un gentil Père Noël m'offre des fleurs de jasmin à glisser dans mes cheveux (oups ! ils sont courts, mes cheveux, les fleurs n'y tiennent pas...) et nous mangeons un gâteau, à base d'épices et de fruits, très bon, en écoutant le discours, en tamoul, du prêtre convié pour l'occasion... 

    Petite frayeur : pas une seule place de train disponible pour l'Ouest du pays. Tant pis pour les backwater, nous nous contenterons du Tamil Nadu, la région du Sud-Est. Plus une seule place de train disponible non plus pour tout le reste de notre trajet, à l'exception d'un aller Pondichéry - Madurai, "couchettes" seconde classe, pas d'air conditionné. Nous le prenons, sans certitude de pouvoir revenir, comptant bien sur le système, apparemment très développé, des bus qui sillonnent le pays. Là encore, c'est l'aventure : les places de bus ne s'achètent pas à l'avance. On se rend à la gare routière, on trouve le bus (ce n'est pas une mince affaire), et, s'il y a encore de la place à l'intérieur, on monte...

    C'est comme cela qu'on rejoindra Pondichéry, deuxième étape de notre séjour, que je garde pour demain, histoire de quitter mon écran et d'aller profiter un peu de la ville de notre nouvelle vie à nous qui commence...

    Evidemment, plein d'autres photos.. il fallait bien que je justifie l'achat de mon appareil magique ! Elles sont dans l'album "Madras"...

    January 07

    Comment dire....

    Je continue à tourner autour de l'Inde... Comment dire l'Inde ?

    Je ne trouve pas de bonne manière de commencer, un peu comme devant une bobine de fil neuve, quand on ne trouve pas le bout du fil...

    Le voyage, il est facile à raconter : Madras, Pondichéry, Madurai, Tanjore, Mahabalipuram, Madras... et rien qui ne se passe comme prévu... Un surclassement sur le voyage aller, pas de billet de train disponibles pour aller dans les backwaters, deux heures à chercher un hôtel en arrivant à Pondichéry parce que tout était plein... et tout qui s'arrange toujours au mieux. Pour le voyage, je sais : je vais faire au plus simple, jour par jour, dès demain... Une ville par jour...

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    Mais pour l'Inde, je ne sais pas faire...

    P1010109

    L'Inde, ce sont des P1000749bruits...  Le bruit des corps, des voix, les froissements de tissus, dans les foules denses... Les raclements  de gorge qui précèdent les crachats... Les chants psalmodiés dans les temples... Les klaxons qui résonnent en permanence, à droite, à gauche, devant, derrière... parce que c'est comme ça qu'on conduit : en avertissant  constamment de sa P1000810bbprésence, selon une théorie de l'évitement qui, pour être exotique, n'en est pas moins dangereuse... Les chants, la musique, très gais, au son desquels dansent prêtre et amis du mort dont on croise la procession, jonchant la chaussée de pétales de fleurs, au gré de son avancée..

    L'Inde, c'est aussi des odeurs... L'encens qui brûle partout, jusque P1000849dans les tchuk-tchuk... L'odeur d'urine aussi, dans les gares en  particulier, tenace, qu'on ne parvient pas à dompter, que l'on arrive pas à surmonter... on croit s'habituer, on oublie, et elle revient, prenante, âcre... Les fumées d'échappement à Madras et à Madurai... Les odeurs de cuisine aussi, des épices qui cuisent et recuisent... Les fruits sur les marchés, si mûrs qu'on en sent l'odeur en passant à proximité...

    L'Inde, c'est de la vie, partout, tout le temps... dans les campagnes, dans les villes, dans les rues, dans les hôtels, dans P1010607 les temples... Des gens, des animaux aussi... des écureuils, des oiseaux, des chats, des rats, des lézards, des chiens, des singes, des vaches, des buffles... chacun cherchant à se nourrir, reniflant le sol, les stands des marchands, les gens, dans la plus grande indifférence... A Pondichéry, en attendant le bus, un intouchable assis sur une couverture devant un bâtiment en construction, nu  jusqu'à la taille, à nouveau nu à partir des genoux, et face à lui P1010206un chien crasseux, crasseux comme l'Inde, assis aussi... l'homme plonge la main dans une feuille de journal transformée en assiette, pétrit le riz pour en faire une boulette, la porte à sa bouche et mâche. Le chien regarde, le cou tendu, les babines retroussées... Cela pourrait tout aussi bien être l'inverse,  le chien mâchant et l'homme regardant... C'est ça, l'Inde : un pays où cela pourrait tout aussi bien être l'inverse...

    L'Inde, c'est des couleurs avant tout... Comme dire les couleurs ? La terre rouge, la poussière rouge qui vole partout, qui se colle aux visages, aux mains, aux pieds souvent nus... La lumière du matin, rougeâtre, qui teinte tout sur son passage... La lumière du soir, au soleil couchant, tout aussi rougeâtre, qui gomme les P1000852volumes et donne le sentiment de se balader dans un décor irréel... Les fleurs... Les affiches de cinéma aux couleurs bigarrées qui le disputent aux néons des magasins... Les vêtements des femmes, princesses de la décharge, qui avancent, vêtues de saris et de tuniques chatoyantes, au milieu des marchands ambulants, des mobylettes, des ordures jonchant le bord de rues...

    P1010176La vraie découverte, en Inde, le vrai coup au coeur, la vraie révélation, ce sont les femmes... Les hommes aussi, bien sûr, leurs sourires, leurs "je prierai pour vous", leur dodelinement de tête pour dire oui, leurs regards insistants... Les hommes aussi, bien sûr, mais les femmes surtout...

    Que les femmes sont belles, dans ce pays ! Belles de toute leur P1010177ronde féminité, de tous leurs grands sourires, toutes dents dehors, de tous leurs yeux noirs sur fond blanc, de tous leurs longs cheveux noirs, de tous ces bouts de peau noire, luisante, qui débordent du tissu au gré des mouvements... un morceau de ventre, un morceau de dos, un morceau de bras, un morceau de nuque... et elles sont belles. Les tissus soulignent le corps, le corps souligne les tissus... Quelque chose comme un accord parfait des volumes, des textures, des mouvements... P1000871  ... De temps en temps, forcément, dans les endroits en peu "branchés", une jeune fille en jean's, en vêtements occidentaux... Comme ils sont tristes, ces vêtements qui sont les nôtres ! Et comme ils contraignent le corps plein de ces femmes... Ca sent la mondialisation, l'uniformisation, la montée des teintes grisâtres, le début des corps qui cèdent à la coupe des vêtements, l'avènement des régimes, des privations, des corps qui doivent être minces... Comme je suis heureuse d'avoir pu voir l'Inde avant tout ça...

    C'est ça, je crois, qui me restera de l'Inde : les corps non P1010215contraints et l'impression d'une certaine justesse... les pieds nus, les drapés de tissus autour des corps, les gens assis, couchés, au milieu de la rue, des enfants à demi-nus, nus, le long des rues... Impression que chaque chose est à sa place, et que la place en question est juste la bonne place...

    Quel choc en revenant à Hong Kong, en débarquant à l'aéroport, en retrouvant les petites hongkongaises juchées sur des talons aiguille vertigineux, corsetées par des jupes et des chemisiers des grandes marques !

    Quand elle permet des contrastes aussi fascinants, elle est encore plus rigolote, notre nouvelle vie à nous qui commence...